Mauregny,Un village, une histoire

Généralités

 

  Terre houille : Lignite au sens moderne

          Charbon de terre: Houille au sens moderne (terme défini par opposition au charbon de bois qui fut longtemps le seul charbon)

     Le mot Cendres et ses dérivés au 18e et 19esiècle :

     Cendres noires : résidu de la combustion de minerai qui comprend du lignite, des pyrites et de l’argile, ou produit de la réduction en poudre de ce  minerai.

     Cendres rouges : au 19e siècle on distingue les cendres obtenues par combustion spontanée (les pyrites se transforment en oxyde de fer de couleur rouge).

Le mot Cendres est d’usage général, et dans les journaux du 19e siècle, on voit souvent des petites annonces «  Bonnes cendres à vendre » avec simplement mention du prix et de l’adresse.

On parle aussi de Cendres de Champagne ou de Cendres de Picardie. Encore actuellement l’emploi de Terre noire ou Terre de montagne est utilisée dans le vignoble champenois.

     Cendrière :  Lieu où l’on extrait ce minerai que se soit à ciel ouvert, par puits et galerie, ou en galeries. On emploi aussi le mot Mine. (au 18e siècle on emploi parfois le mot « Mine » dans le sens minerai).

     Cendrierou Cenderier : Commerçant en cendres, selon une définition de 1825 mais ce mot  est loin d’avoir  toujours ce contenu précis, car il est employé souvent comme adjectif.

     Ouvrier cendrier ou Mineur de cendres, sont des mots peu employés. On parle souvent de manouvrier. Le mot Mineur employé seul indique très rarement la profession.

     Propriétaire cendrier ou Exploitant cendrier : ces mots ne recouvrent pas de réalité très précise.

     Piqueur : Chef d’équipe

     Facteur de cendres : c’est à la fois le directeur technique et le gérant commercial de la cendrière. Parfois les deux fonctions sont séparées.

     Cendres ou Terres pyriteuses, pyritoalumineuses,vitrioliques,sulfureuses,martiales : Tous ces qualificatifs, tour à tour employés renvoient à la réalité géologique et chimique. Ils sont employés surtout à propos du minerai pour les usines chimiques.

       Chimie :

     Pyrites : sulfure métalliques naturels (pyrite de fer)

    Vitriol vert ou Couperose verte : noms anciens du sulfate de fer.

     Martial : qui contient du fer.

     Alumine : constituant essentiel des argiles qui sont des silicates d’alumine.

     Alun : sulfate double d’aluminium et de potassium.

 Un texte de 1911 définit les cendres pyriteuses comme des « lignites argileux imprégnés de bisulfure de fer ». C’est cette composition chimique qui explique l’inflammation spontanée. En 1869, Monsieur JACQUEMART, propriétaire et directeur de l’usine de Quessy explique :

« Les cendres extraites du sol et exposées à l’air, ne tarde pas, bien que la masse soit pénétrée d’eau, à s’échauffer par suite de l’oxydation très rapide de la pyrite. La chaleur qui se développe pendant cette oxydation est souvent assez vive pour mettre le feu aux cendres. Elles brûlent alors, en répandant une vive odeur  d’acide sulfureux et passent de la couleur noire à la couleur rouge d’oxyde de fer ».

(on notera l’emploi du mot cendres pour désigner le minerai avant qu’il ne soit effectivement réduit en cendres)

Le texte de 1911 dit  :

« Le sulfure de fer (la pyrite –Fe S2) en présence de l’oxygène humide se transforme en sulfate ferreux et en acide sulfurique (NDLR, cette réaction est exothermique, elle produit de la chaleur). Et l’acide sulfurique libéré réagit sur l’argile pour donner du sulfate d’aluminium » (NDLR, à partir duquel on pourra fabriquer l’alun)

Agriculture :

     L’usage des cendres comme engrais c’est maintenu dans l’Aisne pendant tout le 19e siècle, concurrencé à partir de 1850 par les engrais, elles furent remplacées dès la fin du 19e siècle par le sulfate de fer : l’usine d’Urcel qui utilisait les cendres comme minerai, pour produire ce sulfate de fer depuis 1786, a proposé l’usage du sulfate de fer en agriculture comme « régénérateur des prairies », contre la chlorose des vignes et des arbres fruitiers, pour traiter les fumiers contre les parasites des plantes dès 1880. Ces usages ressemblent beaucoup à ceux des cendres noires et ils sont encore ceux que l’on assigne au sulfate de fer du commerce.

     Dans certaines localités du vignoble champenois cet amendement est encore utilisé. Le dosage est de 250 à 300 m3/hectare, l’époque de l’épandage se fait au printemps ou en automne sur toute nature de sol et de cépage, le renouvellement s’effectue tous les 10, 15 ou 20 ans suivant les sols et la sensibilité à la chlorose, une seule contre indication sur les sols en forte pente sur lesquels il y a un risque de ravinage.

     Cette Terre noire ou Terre de Montagne, noms donnés par les Champenois est extraite de la Montagne de Reims. Quelques lieux d’extraction subsistent. La carrière de Mailly Champagne,la plus grande, vient de cesser toute activité. Celle de Bouzy, plus petite, est réservée uniquement pour l’amendement de son terroir. Il en est de même pour celle d’Ambonnay. Les extractions de ces terres se font à ciel ouvert.

     La vente se fait directement  de la carrière, livrée par camion directement sur les lieux.

     Les prix au mètre cube sont de 57 francs plus 37 francs HT de frais de transport à Ambonnay (année 1989). En 1990, à Mailly le prix au mètre cube livré s’élevait à 68 francs HT.

     Au sujet de l’inflammation spontanée, le journal l’UNION, édition de Reims, du 20 Septembre 1983 titre :

     « Le raisin de Montbré à eu chaud.

     Depuis  quelques années déjà, certains viticulteurs utilisent des effeuilleuses pour permettre à leurs vendangeurs de mieux voir les raisins et, de ce fait, de gagner du temps lors de la cueillette. Dans la vigne, située non loin du fort de Montbré, e, bordure de la route qui mène de Cormontreuil  à Louvois, plus besoin d’effeuilleuses. En effet, Vendredi 9 Septembre, vers 18 heures, les sapeurs pompiers de Verzenay ont été appelés pour intervenir à cet endroit parce qu’un tas de Terre Noire déposé à l’opposé de la vigne, de l’autre coté de la route, dégageait des flammes et des vapeurs chaudes qui sont à l’origine des dégâts dans la vigne. Les feuilles ont été grillées dans une parcelle importante de la vigne ».


Mauregny en Haye 423 hab. par JM Moltchanoff       

Les cahiers d'histoire de Mauregny ont été rédigés par Guy Pluchart et Jacques Tavola
Les auteurs ont parcouru les services d'archives et publient "Les cahiers d'histoire de Mauregny". 
> Une histoire très détaillée du village de la préhistoire au 19° siècle. 
> Histoire du chanvre à Mauregny 
> Doléances de 1789 
> Cartes postales anciennes 
> Histoire de Fussigny, village disparu 
Un excellent travail ! Un des meilleurs sites de l'annuaire selon l'
Annuaire des sites d'histoire des villages

par Gilbert Delbrayelle

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