Mauregny,Un village, une histoire

Le Protestantisme à Mauregny 1587 - 1680 suite

 

Pendant un siècle, Mauregny vivra les contradictions nées des guerres de religion. Trois générations de seigneurs protestants vont se succéder. Les derniers finiront par se rallier au catholicisme un peu avant la révocation de l´Edit de Nantes.
        
 - Jean de Proisy, premier du nom
 
Jean de Proisy, premier du nom de la branche de Mauregny, fils aîné de Claude de Proisy apparaît le 14 juillet 1586 par son contrat de mariage avec Marie de Balaine, dame d´Eppes et de Veslud (en partie), contrat passé devant Cloux et Staquin, notaires à Sedan. Il est précisé : "fils aîné de Claude de Proisy, (de son) vivant seigneur de Mauregny "[1].
 
            De son père, il a hérité les seigneuries de Mauregny et Aubigny. Son épouse lui porta en dot les terres d´Eppes et de Veslud pour deux tiers  [Bibl. Nat. Dossiers bleus 528] "[2].
 
            Maxime de Sars nous dit que :
 
            "Jean de Proisy, écuyer était protestant. Après avoir servi dans l´armée de Bretagne, il s´installa à Eppes pendant les troubles..."[3].
 
            C´est tout ce que nous savons de sa jeunesse.
 
            Ce que Maxime de Sars appelle "les troubles", ce sont les développements des guerres de religion, qui vont prendre un caractère massif dans notre région.
 
Résumons brièvement :
 
En 1580, les catholiques ont repris La Fère.
 
En 1583, à l´occasion du concile de Reims, on fit "des processions longues et fréquentes appelées blanches, parce que chacun y paroissoit vêtu de blanc. Notre-Dame de Liesse, Corbeny, Reims, Laon, Soissons..." [4].
 
En 1585, "les catholiques, voyant qu´après la mort du duc d´Anjou, Henri III regardoit le roi de Navarre, calviniste, comme héritier présomptif de la couronne, ils craignirent que sa religion ne devint la dominante et, animés par les Guise... ils se déclarèrent ouvertement pour la Ligue, dont les Espagnols ennemis de l´état ne manquèrent point de profiter"[5].
 
En 1586, les hostilités recommencèrent, lorsqu´on voulut contraindre les calvinistes à exécuter l´Edit de Nemours.
 
Rocroy fut pris et repris en 1587
 
"La ville de Laon, jusque là soumise au Roi, se laissa engager dans la Ligue"[6].
 
"En may 1587, la famine fut extrême dans le pays et elle dura dix-huit mois. Le bled s´y vendoit soixante livres l´asnée, chacun vendoit ses meubles et ses effets pour en acheter..."[7].
 
En octobre 1588, on tint les états généraux à Blois où Henri III fit assassiner les Guise. "Les ligueurs furent transportés de fureur et soulevèrent toutes les villes, excepté Châlons..."[8].
 
A Laon, " lorsque Geoffroy de Billy, abbé de Saint-Vincent, Adrien Defer et Claude Legras, conseillers au présidial, rentrent de Blois après six mois d´absence en janvier 1589, ils sont ligueurs, aux ordres du duc de Mayenne.." [9].
 
En mars 1589, Balagny-Montluc, lieutenant des princes ligueurs en Picardie, s´installe à Pierrepont. Il pille Crépy-en-Laonnois, s´installe à Sissonne, puis le 11 avril 1589, il entre à Laon. Leleu nous dit qu´il envoie des cavaliers "pour faire signer la Ligue". Beaucoup signent sous la violence et déclarent "s´associer à l´union prétendue des catholiques "[10].
 
C´est alors que la ville de Laon écrit une pétition en avril 1589 :
 
 
"Plaira à Monseigneur de Ballagny (afin de rendre le pais nect de gens qui pourroient estre du party contraire à la Sainte Unyon et par ce moien establir une scureté Partout) de voulloir trouver bon denvoieer de sa part à toute les villes et chasteaux qui sont en ce pais gens pour les faire entrer
en la Sainte Unyon par la voie de la doulceur et de bonne volonté, synon par celle de contrainte et de rigueur, et en ce cas y envoier quelques troupes et compagnies ès villes, chasteaux et places de ce pais les plus importants assavoir, La Fère, Coucy, St-Gobain, St-Lambert, Mauregny, Aultel, Pontarcy, Neuville, La Bove, Faucoucourt, Soupir, Anizy, Vorsaine, Commins, Bazoches, Longueval et Belval, en attendant la réponse que l´on pourra avoir plaira audit sieur de Ballagny envoier ses forces entre lesdites villes de La Fère et Coucy"[11].
 
Le 1er août 1589, le roi Henri III est assassiné par Jacques Clément. Henri de Navarre devient roi sous le nom de Henri IV : "ce fut là l´origine d´une guerre cruelle entre les royalistes et les ligueurs " [12].
 
            Henri IV envoie des troupes en Picardie, en Champagne et en Normandie. De leur côté les ligueurs "formèrent une armée de 20.000 combattants. Cet acharnement des deux parties inonda la France d´un déluge de maux : les villages et les censes mêmes étaient obligés de se fermer de fossés ; les églises, les cimetières servoient de retranchements, lorsqu´il n´y avoit ni château, ni maison forte pour se réfugier: les habitants des villes et des campagnes abandonnoient le commerce et la culture des terres pour veiller à la sûreté de leurs jours. Les combats et les ravages estoient si fréquents que le détail en seroit trop diffus "[13].
 
            Le 16 octobre 1589, les ligueurs prennent La Fère.
 
            Le 18 octobre 1589, "vingt-cinq soldats au moins s´étant emparés du chasteau d´Aippes, la garnison de Laon alla en faire le siège, et l´ayant forcé, on les tira tous, à l´exception de trois qui furent emmenés à Laon et conduits au champ Saint-Martin où ils furent pendus"[14].
 
            En 1590, les troupes de d´Aumale "logent à Aippe et autres prochains villages où il se commit de graves désordres"[15].
 
            En 1591, le chasteau d´Aulnois est détruit.
 
            En 1592, Antoine Richart nous raconte que :
 
            "Quelques temps au paravant le mois de may le sr de Mauregny, après son retour de l´armée du Roy salla loger en son chasteau d´Aippe proche de Laon et de distance seulement de deux petites lieues, où salla réfugier Mr Nicolas Martin me de eaues et forest de ce bailliage et Quentin Doulcet escuier, qui desdaignans la garnison de Laon contraignoient (avec menasses) les villaiges prochains de bailler fourniture à environ quarante hommes villageois que ce tenoient avec lui, leur faisant porter les armes pour la garde de son chasteau duquel il s´asseuroit pour estre assez bon et de bon estoffe. Occasion pour les habitants de Laon (faschez d´un si mauvais voisin) solicitèrent instamment leur gouverneur pour faire destaller ces nouveaux venuz et a ce subject il se fait une assemblée en la maison logé lors en labbaye St-Jean, ou se trouva le sieur Rieux naguère arrivé de Pierrefond, ou il fut résolu de faire sortir le canon pour aller devant ce chasteau de faict le vingt-deuxième jour de mai après midi deux grosses pièces de batterie furent mises hors de la ville et conduictz devant la place,
ou après les sommations, escarmouches et approches faictes, les deux pièces furent plantées qui firent bresche assez suffisante, a laquelle de Rieux suivi des siens et de quelques aultres de la garnison de Laon donna assez brusquement, voulant faire paraistre sa valeur, sa hardiesse en la présence du sDarcy, la niepce duquel il avait naguères fiancée ; toutefois par lopiniastreté des assiegez il fut repousser par deux fois, jeté par terre dun coup de mousquet sans aultrement être offencé, garanty de mort par bonté de sa cuirasse sur laquelle il avait adjousté ung plastron, rellevé quil fut de ce coup en feit retraicte pour ce jour ; et se logea la gendarmerie es villaiges prochains pour le lendemain, retourner au chasteau ou la gendarmerie tant de pied que de chaval se trouva, et par parolles et menasses inthimidèrent tellement les assiegez qu´ilz vindirent à telle composition que de se rendre prisonniers de guerre aux assiegeans qui semparèrent aussitost des trois prisonniers menez et conduictz à laon et depuis au chasteau de Pierrefond pour en tirez ranssons comme on fait et pour les soldats villageois après en avoir tué quelquez ungs qui sévadoient pa faulx passaiges, le reste qui estoit de vingt-quatre ou vingt-cinq furent menez à Laon prisonniers et logez à la grosse tour du Roy arrière de la rage des muttins qui voulaient toujours leur part pendu"[16].
 
            Nombre de châteaux (dont Neuville-sur-Aillette), villages et abbayes (dont Vauclair) furent ruinés pendant les combats qui durèrent jusqu´en 1594. Mais Henri IV ayant abjuré à St-Denis le 25 juillet 1593, fut sacré roi à Chartres le 27 février 1594, et il vint prendre Laon qui fut assiégé du 25 mai au 2 août 1594.
 
En 1595, la guerre reprend avec l´Espagne.
 
            En 1596, Henri IV prend La Fère.
 
            Puis, il met un terme aux guerres de religion par l´Edit de Nantes le 13 avril 1598 et à la guerre avec l´Espagne par le traité de Vervins le 15 mai 1598.
 
            Reste à faire le bilan de ces guerres : à Mauregny, la maison forte a été détruite (mais il n´en reste aucune trace manuscrite), il en est de même de l´église Saint-André qui existait selon Pigneaux (l´instituteur de Mauregny en 1884) "avant les guerres de religion". Cette église, dont nous n´avons aucune autre trace, a du avoir une brève existence : elle n´est pas mentionnée dans le pouillé du XVe siècle, la mention la plus ancienne de Saint-André remonte à 1425, dans une sentence du bailliage du Vermandois déjà cité. Mais la découverte récente dans le grenier de la sacristie d´une statue en bois polychrome de Saint-André[17] (que Monsieur Gissenger, conservateur du patrimoine de l´Aisne estime être du XVIe siècle) est argument en faveur de l´existence de cette église. Cette église Saint-André aurait donc existé pendant cent cinquante ans, et une maison reconstruite sur son emplacement comportait des vitraux semblant provenir de ce monument [18].
 
            La restauration de cette statue est prévue. Des négociations pour l´exécution des travaux sont en cours.
 
            Il est probable que d´autres destructions ont eu lieu à cette époque : celle du four banal mentionnée dans le dénombrement de 1603 (voir ci-après) et celle d´un moulin à vent. Un dénombrement mentionne trois moulins banaux à Mauregny, nous n´avons trouvé trace plus tard que pour deux d´entre eux : le moulin à eau, et le moulin à vent du Mont Héraut. Le troisième moulin se trouvait probablement sur "la butte du vieux moulin" qui est longée par les prés du moulin à vent. Cette butte présentait aussi une autre curiosité : on y a trouvé "trois cavités ressemblant à des caves faites de main d´hommes, dix mètres de longueur sur quatre à cinq mètres de largeur". Pigneau ajoute : "On ignore à quoi ces cavités pouvaient servir"[19]. Ces cavités n´auraient-elles pu servir de refuge pendant les guerres et depuis quand ?
 
            Sur un plan plus global, Claude Leleu indique en 1595 : 6.000 morts de faim à la campagne, 12.000 quittant leur demeure pour aller gagner leur vie dans d´autres pays, la multiplication des loups [20].
           
En novembre 1597, le clergé du diocèse de Laon s´adresse au bureau des finances de Soissons aux fins d´obtenir des délais pour le paiement des décimes, et il justifie ainsi sa demande :
 
"à l´occasion des présents troubles, sièges des villes de Laon, La Fère, Vervins, Crespy et La Capelle, passages et long séjour des armées, ladicte ville de Laon, les chapitres et abbayes et tous les bourgs et villages dudit diocèse se sont entièrement ruinez, les bénéficiers et clergé pour la plupart estans contrainctz abandonner leurs bénéfices et cures et aller mendier leurs messes, cense qui sont restez n´ayans les moyens de payer aucune chose de ce que à quoy ilz sont taxez..."[21].
           
C´est dans ce contexte général que s´inscrit la vie de Jean de Proisy et celle des habitants de Mauregny.
 
Le 20 octobre 1593, un vigneron de Courtrizy (dont le nom est illisible) a vendu à Marie d´Amiens, veuve de feu Jehan de Proisy, luy vivant chevalier, seigneur de Maurgny (sic), moyennant la somme de 40 livres de rente annuelle une maison, jardin séant audit Courtrizy, à la grand pièce, et une pièce de vigne au terroir de Fussigny.
 
Le 7 septembre 1594, la possession d´Eppes et de Veslud a été confirmé à Jean de Proisy et son épouse Marie de Baleine "par l´acte de partage des biens de Jacques de Baleine et Madeleine de Cuvilliers" [22]. Jacques de Baleine s´était remarié à Marguerite de Lette qui "avait passé un accord avec Jean de Proisy le 12 septembre 1592"[23].
 
Le 10 juin 1595, "Il y a un traité sous forme de partage entre demoiselle Marie d´Amiens, veuve de seigneur Claude de Proisy, comme ayant la garde noble de ses enfants (dont Jean de Proisy, seigneur de Morgny, Eppes et Veslud)"[24].
 
Pendant la période 1593-1599, Matton note une vente de prés à Mauregny par Jean Binet à Jean Coulbaut En 1596, un acte de vente est passé devant Baillet, notaire à Montaigu. Nous en publions le fac-similé, pour montrer la difficulté à lire ces documents. L´écriture du XVIe siècle est particulièrement difficile à déchiffrer. Voici les quelques éléments utiles que nous avons pu comprendre :
 
" Comparant Jean Bonnet l´aisné demeurant à
Maurgny .... avoir vendu à Jean
Coullebault demeurant audit lieu
....une pièce de prez.....
la somme de vingt sols un quart
Biens à garantir ... et payer à
Maurgny                                   15 Novembre 1596
Signé :             Jehan bonnet
                                   Pierre Rouen                 marque
                                   Gille ?             marque
 
Après la publication de l´Edit de Nantes en 1598, Jean de Proisy "accueillit les protestants dans son château d´Eppes pour y célébrer le culte réformé"[25]. Combier résume un acte tiré du registre 1599 - 1601 du Bailliage du Vermandois :
 
"Certificat donné par Claude Dagneau, procureur, Denis de Moussy et Théodore Dalon, marchand et bourgeois de Laon "qu´ils ont fort bonne cognoissance de Pierre de Gérard, et que, depuis trois ou quatre ans que l´exercice de la religion prétendument réformée (R. P. R.) s´est fait tant à Crespy-en-Laonnois, château d´Eppes qu´au village de Fontaine, ils ont vu ledit de Génard faire profession de ladite religion, assister aux exhortations, presches, prières et avis que aux sacrements de la cène et que ledit de Génart est l´époux d´Anne de Y. Ce certificat devait être produit au Parlement de Paris"[26].
 
En aout 1598 :
 
·      Jean Pathiot demeurant à Mauregny reconnaît avoir vendu à Jehan Cornet demeurant audit lieu une pièce de pré de quarante ......? au terroir de Mauregny.
 
·      Jehan de .....? demeurant à Mauregny a vendu à Jean Cornet demeurant audit lieu .....? une maison, jardin, audit lieu Mauregny.
 
Le 5 septembre 1598, on trouve "une contribution des habitants de Coucy-lès-Eppes à des frais de guerre et notamment à ceux occasionnés par la prise du château d´Eppes"[27].
 
Cet acte a été retrouvé, c´est un document de huit pages particulièrement difficile à déchiffrer, à la fois à cause de l´écriture et à cause de la complexité de la procédure. En voici un résumé :
 
"Comparurent en leur personne Nicolas Parquest, Jacques Parquest, l´aisné, .... Petit Noël de marchais, demeurant à Eppes ... Jehan Coullebault, Germain Picart ...., Jean Picart, tous laboureurs, vignerons, demeurant à Coussy les Aippes, Dam..... Marie de Montchalon, maire dudit lieu, Firmin Colart....".
"Lesdits Parquest et consorts (demandent) aux habitans dudit Coussy la somme de 400 livres pour remploi des fraizs et provisions qu´ils ont eu d´exploits à prendre le chastel d´Eppes... à la plus grande part d´iceluy payer ladite somme dans les mains du Sieur Nicolas Parquest et consorts .... des les acquiter de leurs fraizs, dépens et domages qu´ils seroient contraints de faire pour les dits accords ... (d´y joindre pour) ... damoiselles Marguerite Vairon, veuve de feu Nicolas Ponsin la some de 200 livres et pour Jean Petit la somme de 40 sous ... pour les fraizs qu´ils ont été contraints de faire ... tant de quitance et mémoire de fraiz, dégats de la main dudit Jean Petit, notaire ... Les dits maire et habitans ... qu´ils advoient assez payé la dite ... lesdits habitans prétendent à leur grand regrest plus pauvres qu´ils ne furent jamais ..." Cependant "... lesdits maire et habitans seront tenus payer chacun an ... les sommes indiquées ci-dessus).
 
En conclusion "lesdits Nicolas Parquest et consorts assisté du maire et quelques aultres officiers de la justice du vilage ... obligeant les dits à payer chacun an ... audit Coussy par devant moi notaire royal.
 
 
Le 24 mars 1600, "Charles de Lorraine, duc de Guise donne dénombrement signé de lui " à Jean de Proisy [28], (notons que Charles de Lorraine est catholique militant).
 
En 1600, "la vendange fut abondante, elle ne commença que le 10 octobre et finit le 10 novembre. Le dérèglement de la saison qui fut très froide en fut la cause[29].
 
Le 29 janvier 1601, il y a un "traité devant J. Baillet, notaire royal à Montaigu, par Marie d´Amiens, veuve d´Honoré Claude de Proisy, pour messire Jean de Proisy, écuyer, seigneur de Mauregny"[30].
 
Enfin le 24 octobre 1603, il y a un "partage entre noble homme Jean de Proisy, écuyer, seigneur de Mauregny et Marie et Suzanne de Proisy, héritiers de feu Claude de Proisy"[31]. Ce partage est-il lié à la mort de marie d´Amiens ?
 
Le 11 novembre 1603 : Extrait du dénombrement de la baronnie de Montaigu :
 
" Item un fief de Mauregny qui sur Messire Barrat de la Bouve (de la Bôve). C´est assavoir le chastel et ses appartenances, terre à nous, lequel doit garde ou ostage en nostre chastel chacun an quarante jours service court et plaids. De pouvoir valloire du temps passé environ vingt sols parisis..." (Il s´agit en fait de Jean I de Proisy, mais les seigneurs de Mauregny ont été si longtemps des "Barrat de la Bôve!).
 
" Item, le four banal dudit Mauregny nous appartient, pour lequel les habitants dudit Mauregny nous ´souloient redu´ (sic) ou à nos prédécesseurs par chacun an de rente perpétuelle au jour de St Martin d´hiver deux asnées de seigle, mais pour le four depuis longtemps en ruyne, lesdits habitants ne nous en payent aucune chose".
 
" Item, le seigneur de Mauregny nous doit chacun an de rente perpétuelle le jour de St Estienne, lendemain de Noël deux asnées de seigle et deux asnées d´avoine sur les moulins dudict Mauregny qui peuvent valloire environ vingt sols parisis".
 
" Item nous tenons le rouage dudit Mauregny qui vault chacun an environ seize sols parisis...".
 
            Notons que les habitants de Mauregny étaient affranchis de fait du droit de four banal c´est-à-dire de l´obligation d´aller faire cuire leur pain au four seigneurial.
 
Maxime de Sars indique que Jean de Proisy s´est remarié à Diane d´Othe, sans autre précision [32].
 
En 1605, le Seigneur pour la seconde partie du fief de Beaufay était :
           
"Jacques Aubert, demeurant à Sissonne, 4ème fils de Jehan Aubert, marchand à Sissonne et de Marguerite L´Hotte. Il occupa, pendant quelques années, la charge de Grenetier au grenier à sel de Laon et mourut avant 1621.
           
Il possédait, en 1605, une partie du fief de Beaufay, le reste appartenant au seigneur de Mauregny (2) Dénombrement du Pierrepont du 04/06/1 605 (ADA G 102 - Fonds de Roucy).
           
            Il épousa en 1ères noces Barbe Lancy, fille de Charles de Lancy, marchand bourgeois de la ville de Laon, vicomte de Laval et Nouvion, et d´Isabeau Branche, sa seconde femme.
 
1 - Charles Aubert, chanoine,
2 - Jacques Aubert qui suit,
3 - Marie Aubert, épousa suivant contrat passé devant Chevalier, notaire à Laon, le 05/09/1596, Claude Gaurel, marchand apothicaire en cette ville, fils de Claude Gaurel, aussi apothicaire et de Jeanne Le Carlier (dont 1 fils), elle prit une seconde alliance avec Pierre Sonnet, procureur au bailliage et siège présidial de Laon, veuf d´Isabelle Maynon, fils de Laurent Sonnet, marchand bourgeois de Laon, et de Geneviève Robert, sa seconde femme, dont 2 fils et 4 filles.
 
            Il se remaria, suivant contrat passé devant Grignon, notaire à Laon, le 15 Février 1595 à Françoise le Masson.
 
4 - Jean Aubert qui suivra
5 - Marguerite, femme de Jacques Rémy, écuyer de Mongazon, demeurant à Saint-Erme ; dont une fille.
6 - Catherine Aubert, décédée à Crécy-sur-Serre le 21/10/1 661, mariée à Nicolas Moisnet, marchand en ce bourg ; dont 8 enfants : Nicolas, Henry, Pierre, Françoise, Madeleine, Marie, Elisabeth,
et Marie Moisnet qui suivra"[33].
 
Le 4 février 1606, "Jehan de Proisy" rend dénombrement de la moitié de la terre et seigneurie d´Aubigny.
 
Le 2 septembre 1606 :
"En ladite année de mil VI C six, le Submedy deuxe jour de Septembre, le seigneur de Mauregny fut tué par ung nommé Champaigne demeurant audit lieu faisant profession des armes, ami de Carpeau d´Aippe qui estoit grand ennemy dudit Sr de Mauregny. Champaigne fut poursuivi et fut blessé par ung homme qui appartenoit audi Sr, et tout blessé fut admené prisonnier à Laon et mourut aux prisons royales dudit le Jeudi ensuivant septième jour de Septembre veuille de la Nre Dame"[34].
 
Jean I de Proisy avait eu cinq enfants :
 
1.David de Proisy qui sera seigneur de Mauregny,
2.Daniel de Proisy qui recevra la moitié d´Eppes, mort sans postérité,
3.Henri de Proisy qui recevra, l´autre moitié d´Eppes, marié en 1620 à Antoinette de Dampierre,
4.Madeleine de Proisy, épousa en 1618 Antoine de Fay, écuyer, seigneur dudit lieu,
5.Marie de Proisy, dame de Veslud, mariée en 1620 à David de Bièvres, chevalier seigneur de Signy.
 
            Nous ignorons comment ont été partagés les autres seigneuries : les titres des seigneurs de Veslud, Aubigny et St-Jean (c´est la ferme d´Aubigny près de l´actuelle RN 44) sont donnés de différentes manières aux héritiers. Mais finalemement deux lignées vont se stabiliser :
 
·      une branche d´Eppes avec Henri de Proisy, son fils David et son petit-fils David.
·      une branche de Mauregny avec David I de Proisy, son fils Jean (II du Nom) et son petit-fils David II du nom).
 
            Cette branche signera souvent les actes avec le nom Proisy Morgny.
 
            Pour clore ce chapitre, notons qu´un témoignage de cette époque a été récemment trouvé à Mauregny. Denis Frimin a trouvé en avril 1996 dans le jardin familial une pièce qui porte sur une face l´inscription "double tournois" et sur l´autre face "Henri III R FRAN et NAVARRE". Il s´agit en fait de Henri IV, roi de France, qui était Henri IIIe du nom dans la dynastie de Navarre dont il était roi. Et c´est bien sous son règne qu´a été créé le double tournois. Cette pièce est donc datée entre 1589 et 1610.


[1] Généalogie de la famille de Proisy
[2] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TIII - p. 337
[3] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TI - p. 390
[4] Nicolas Lelong - Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon - 1783 - Réédité en 1980, p. 448
[5] Nicolas Lelong - Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon - 1783 - Réédité en 1980, p. 448
[6] Nicolas Lelong - Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon - 1783 - Réédité en 1980, p. 449
[7] Claude Leleu - Histoire de Laon T. II, page 422
[8] Nicolas Lelong - Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon - 1783 - Réédité en 1980, p. 449
[9] Histoire de Laon - Edition Privat 1987
[10] Claude Leleu - Histoire de Laon T. II, pages 433 et 434
[11] Antoine Richart, 1589 - 1594 : Mémoire sur la ligue du Laonnois, page 96 - 1869
[12] Nicolas Lelong : Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon - 1783 - Réédité en 1980, p. 450
[13] Nicolas Lelong - Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon - 1783 - Réédité en 1980, p. 450
[14] Claude Leleu - Histoire de Laon T. II, pages 438 et 439
[15] Claude Leleu - Histoire de Laon T. II, pages 441
[16] Antoine Richart, 1589 - 1594 : Mémoire sur la ligue du Laonnois, page 381 - 1869
[17] - En Décembre 1995, au cours d’un inventaire du presbytère, il a été découvert dans le grenier de la sacristie une statue datant du XVIe siècle représentant Saint-André.
[18] Monographie des communes du canton de Sissonne - J. Y. Sureau - 1985 - Mauregny-en-Haye, p. 191
[19] Monographie des communes du canton de Sissonne - J. Y. Sureau - 1985 - Mauregny-en-Haye, p. 190
[20] Claude Leleu - Histoire de Laon T. II, pages 493
[21] Laon 1594 : Henri IV, la ligue et la ville -Axona, mémoires et documents sur l´Aisne 1996 ; T. I, p. 157
[22] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TIII, p. 338
[23] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TIII, p. 237
[24] Généalogie de la famille de Proisy
[25] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TIII, p. 237
[26] Combier - Etude sur le Bailliage du Vermandois, p. 542
[27] Matton - Inventaire sommaire des Arc. Départ. Aisne
[28] Généalogie de la famille de Proisy
[29] Claude Leleu - Histoire de Laon T. II, pages 528
[30] Généalogie de la famille de Proisy
[31] Généalogie de la famille de Proisy
[32] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TI, p. 390
[33] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TIII, p. 343
[34] Antoine Richart, 1589 - 1594 : Mémoire sur la ligue du Laonnois, page 381 - 1869

Mauregny en Haye 423 hab. par JM Moltchanoff       

Les cahiers d'histoire de Mauregny ont été rédigés par Guy Pluchart et Jacques Tavola
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> Histoire de Fussigny, village disparu 
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par Gilbert Delbrayelle

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