Mauregny,Un village, une histoire

La Conversion de Jean II de Proisy et la vente de la seigneurie de Mauregny.

Le 7 janvier 1676, Jean de Proisy se remarie, en troisièmes noces à l´âge de 59 ans, à "Catherine Pinchon de la Chapelle de Saint-Erme (56 ans). Cette dernière était probablement la fille de François Pinchon, escuier, et capitaine d´une Compagnie au Régiment de Monseigneur le duc de Guise, demeurant à Saint-Erme en Champaigne"[1].
 
"Le 7 janvier 1676 par moi curé de la paroisse de St Erme ont été solennellement mariés très haut et puissant seigneur de Morgny de la paroisse dudit Morgny et noble demoiselle Catherine de la Chapelle fille jouissant de ses droits de la paroisse de Saint Erme après que les fiançailles ont esté célébrées et que les premiers bans ont été publiés de part et d´autre les parties ayant obtenu la dispense des deux autres qui est dans nos mains. Ils ont les parties et les témoins signé le présent acte le jour et an et au susdit.
Bourin Curé de St Erme
Jean Morgny
Catherine de la Chapelle
Marie Thérèse de Roquement
...illisible...".
 
Il a donc probablement abjuré le calvinisme à cette occasion, comme le fera son fils deux ans plus tard.
 
Le 9 décembre 1676, "la seigneurie de Mauregny fut saisie féodalement sur lui pour défauts de devoirs de vassalité "[2].
 
Le 11 septembre 1676, "il y a un contrat d´échange sous seing privé entre David de Proisy d´Eppes et ses sœurs pour Aubigny et Saint-Jean "[3].
 
Au synode de 1677, participent Antoine Laumosnier, et pour l´église d´Eppes Isaac Ladier, ministre, David de Proisy ancien [4].
 
Le 16 août 1678, David II de Proisy de Mauregny, chevalier, seigneur de Gondreville épousa, suivant contrat passé devant Bideleur, notaire à Montaigu, Marie Thérèse de Roquemont, fille de Pierre de Roquemont, chevalier, seigneur de Brizon, écuyer ordinaire du Roi dans la grande écurie et de Marguerite Pinchon de la Chapelle. Cette Marie Thérèse était témoin lors du mariage de son beau-père Jean de Proisy [5].
 
David II de Proisy a "abjuré en se mariant les erreurs de Calvin" [6].
 
Le 26 mai 1679, la saisie féodale sur la seigneurie de Mauregny fut levée quand Jean eut rendu foi et hommage [7].
 
Le 27 avril 1679, on trouve au synode de Charenton "pour l´église d´Aippes qui se recueille au château du seigneur d´Aippes, le sieur Isaac Ladier, ministre et le sieur David de Proisy, seigneur audit lieu d´Aippes, ancien" (Aippes est taxé 33 livres) [8]. Ce David est le deuxième du nom de la branche d´Eppes, son père est en Irlande.
 
Le 13 avril 1680, Jean de Proisy vend la terre et seigneurie de Mauregny à Charles Henri de Marolles. Cet acte nous donne des informations intéressantes :
·      Jean de Proisy habitait déjà à Saint-Erme (depuis son mariage ?).
·      Il nous donne la description la plus complète de la seigneurie de Mauregny au XVIIe siècle que nous ayions trouvé.
·      La mention "droits de bourgeoisie" est importante : c´est la seule mention écrite indiquant la possiblité qu´il y ait eu une charte de commune pour notre village.
·      La "Maison de la Fleur" est probablement la ferme de Haye (la cense des Hayes est mentionnée aussitôt après).
 
Acte de vente :
 
            Par devant le notaire garde nottes demeurant à Laon, soussigné, et les tesmoins cy après nommés fut présent en sa personne Messire Jean de Proisy, chevalier; seigneur de Mauregny, demeurant présentement au village de Saint-Erme, et disant avoir vendu, ceddé, quitté et transporté comme par ces présentes il vend, cedde, quitte et transporte, promet garantir de tous troubles et empeschements quelconques à Charles Henry de marolles, ecuyer, seigneur de Monthiliers demeurant en la ville de Soissons, présent et comptant la terre et seigneurie de Mauregny, donnoit le chasteau dudit, parc, clotures appelé le fief de La Tour consistant en corps de logis chanvier (sic) grange, cour devant et escurie, colombier, pont levy, jardin, double pressoir, le livre comme il s’estend et comporte - relevant ledit fief de la terre et seigneurie de Montaigu, le fief dudit Mauregny relevant de sa majesté à cause de la Tour de Laon, le fief de Beaufay relevant de la baronnie de Pierrepont - Lesdits fiefs consistant en toutes justices, haute, moyenne et basse dans toute l’étendue du terroir dudit Morgny, terre, prés, vignes, bois et héritages, cens, rentes, lods, vesture et amende de chapons et poulles, droits de bourgeoisie, afforage, rouage, vinage, terage, moulins, fours et pressoirs banaux, taille, droits de hallage sur ventes, foires et marchés, la maison appelée la maison de la flour et consistant en plusieurs bastiments et jardins, la cense de haies et héritages en dépendant, et générallement tous les droits ethéritages qui pourront appartenir audit sieur vendeur de quelque nature et qualité qu’ils soient, fiefs ou rotures ou soit que lesdits biens soient approchés de dépendances desdits fiefs et seigneurie cy dessus nommés ou qu’ils fassent et composent des fiefs différents ou rotures assis audit terroir de Morgny et circonvoisins, provenant audit Seigneur de Morigny
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soit de succession ou acquisitions faites tant par luy que dame Louise Loubes de la Gadouine ou dame Judith marguerite d’Aumale (NDLR - les deux premières femmes de Jean de Proisy) épouses du seigneur vendeur, conjointement ou séparément pendant leur mariage ou soulz les noms de leurs défaux - bref tous les droits et domaisne quy composent lesdits fiefs, terres et seigneurie de Mauregny ainsy que ledit seigneur vendu a jouy, tant pour luy que ses enfants jusqu’à ce jour, sans en dresser de réserve aucune - ensemble la rente ou prestation annuelle et perpétuelle due et à prendre sur la terre et seigneurie de Montaigut - pour de toutes les choses en effet en jouir par ledit sieur acquéreur, ses hoirs et ayant cause comme de sa chose propre, vray et loyal acquest - commencer dès à présent et à la durée perpétuellement comme bon luy semblera -aussy la liberté audit sieur acquéreur d’en faire faire la vente et acquisition par droit pour sa plus grand sureté à ses frais et dépens - vente faite à condition de payer par chacun an la qualité de quatre asnées de graines, moitiée seigle et avoyne, de rente annuelle à l’abbaye de St-Vincent de Laon, pareille quantité de quatre asnées de graines, aussy moitié seigle et avoyne au seigneur de Montaigut, et cent livres par chacun an à l’abbaye de Vauclair, à laquelle somme ont été approchées un muid de vin qu’ils auront à prendre sur le vinage dudit Mauregny - et en outre de payer la somme de 75.000 livres audit seigneur vendeur, de laquelle somme sera payée celle de 50.000 livres aux dites conditions hypotéquaires qui pourront estre mises et colloque en ordre et retiendra ledit
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acquéreur la somme de 25.000 livres restant des 75.000 livres cy dessus, tenir aux mains de ce qui peut appartenir aux enfants dudit seigneur de Mauregny et de ladite dame d’Aumale, comme estant lesdits défaux et rentes des privilèges dudit seigneur vendeur pour les conditions matrimoniales et remplois des propres aliénés aux dits droits et privilège de ladite dame d’Aumale, la dite mère et comme estant par défaux acquéreur pour quelque portion des biens cy dessus vendues - pour ladite somme de 25.000 livres ou plus après déductions faite des règlements rendus sur les jugts et d’entièrement estre payé par ledit Sieur acquéreur et pour une part desdits défaux lors qu’il auront l’aage (âge) de 25 ans, en ratifiant par eux la présente vente et jusques en payer ledit Sieur acquéreur l’interest et, s’il se trouve qu’il soit main dubs auxdits défaux que la dite somme de 25.000 livres l’interest de luy ne dubs payer, sera imputé sur la part principale - sera libre audit Sieur acquéreur seul obligé de supporter le fonds de laditte consignation jusque exonération de ladite somme sur ce du - duquel présent contrat est instruite dame Catherine de La Chapelle, espouse dudit seigneur vendeur, de luy et dut authorisée, laquelle s’est fait fort de David de Proisy, fils ainé dudit Sieur vendeur et a promis et promet de luy faire apporter et rattifier ladite validation lorsqu’il sera maître et dudit devant par elle décharger après l’acte de laditte ratification - ayant aussi ladite
En marge de la page 3 :
            Le cinquième jour du mois de may 1683, par le notaire garde note du Roy, demeurant à Laon, soussigné, est comparu Messire David de Proisy, lequel après avoir pris connaissance du contract cy dessus par la lecture quy luy en a esté faite du notaire soussigné, présent, qu’il a dit bien déclarer, agréer, approuver et ratifier la vente prise audit contrat, consent et donne de quoy soubz son plein et dict effet pour trouver les valleurs de touttes partyes obligeant ses biens - a signé le jour et an
Signatures :
page 4 
dame renoncé au douaire et avantages nuptiaux et hypothèques qu’elle peut avoir sur ladite terre et seigneurie de Mauregny, soit en conséquence de son contrat de mariage ou autrement, ne voulant pas empescher que ledit sieur acquéreur ne puisse jouir dudit - en considération de laquelle renonciation ledit sieur acquéreur tant pour la dépouille de quy peut être sur ladite terre que pour la constance de ladite dame, a promis et s’oblige de luy donner la somme de 1.500 livres (II) et afin que la présente vente soit faite, ledit seigneur vendeur a passé procuration au publier des présentes qu’il constitue son pr. (procureur) général pour en son nom consentir la vesture et ensaisinnement estre audit Sieur acquéreur, et s’il désaisit à son profit, en ce cas s’obligeront les partages respectivement fournir les délégués du vendeurs a suivre, garantir et faire valloir comme dit est la présente vente(III) et ledit Sieur acquéreur a payer et satisfaire à ladite somme et condition sur payer - fait et passé audit jour en la présence de Mr Jean Destrez advocat au présidial dudit Laon et Claude Duterne du bourg de St Erme le 9 Avril 1680 qui ont lesdites partye signé les présentes et sont notiffiés le nom de Mauregny recognu en la première page, et ceux pour leur part en la troisième page -aussy esté approuvé des partyes (II) sur laquelle somme de 1.500 livres, et sur le restant en sera honoré pour les défaux dudit seigneur vendeur 500 livres, et le reste par ladite dame tout quy seront mise en mains livrer pour la sollicitude de ladite affaire (III) promettre vendeur de mettre es mains dudit sieur acquéreur toute
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la liste de dénombrements, pouillé, actions, actes de foy et hommages et générallement tous les papiers servant au renseignement des droits et des biens cy dessus vendus.
            Signatures
Aujourd’huy 11Avril 1680 par devant les notaires garde nottes du Roy demeurant à Laon soussignés est comparu Messire Charles Henry de marolles, écuyer, seigneur de Monthilier, lequel nous a requis acte de la représentation qu’il nous faisait d’une quittance signé Roger de Longueval en datte du cinquième du présent mois et an pour en faire l’enregistrement des présentes et qui auroit esté fait à l’instant -et de laquelle quittance rendue de fait et signée, consignée, avoir reçu de Messire de Marolles la somme de 1.200 livres pour ce quy ne peut appartenir comme engagement du domaine de Laon, pour les droits de quints et requints, pour commission qu’il a fait ou fera de la terre de Mauregny et pour ce qui en retourne du Roy à cause de la Tour de Laon, et qu’il a promis garantir lad. chambre et constitution jusqu’à la concurrence de 1.200 livres - Fait le cinquième avril
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 1680, signé Roger de Longueval, ordre et fait l’original de ladite quittance mise en liasse dudit Monseignat pour en avoir par luy délivrer des copies en cas de besoin - de quoy leditsieur de Marolles a requis acte que luy avons accordé du présent, après qu’il a signé le jour et an susdit.
 
Le 6 mai 1680, il décède à Saint-Erme :
 
"Le 6 mai 1680 est décédé Messire Jean de Proisy, chevalier, seigneur de Mauregny, âgé de 63 ans et le lendemain fut mis en sépulture dans la chapelle de la Ste-Vierge de l´église de Saint-Erme après avoir été confessé reçu le Saint Viatique[9] et l´extrême onction.
En foy de quoy j´ay signé avec les témoins Catherine de la Chapelle, femme dudit seigneur, David de Proisy, Marie Thérèse de Roquemont Proisy, Estienne Gondreville, Magdeleine de Proisy du Clot, Elisabeth de Proisy
Signé : F. Bourin".
Son épouse décédera à l´âge de 83 ans à Saint-Erme, sans avoir eu d´enfant :
 
"Le 3 janvier 1703, est décédée Dame Catherine de la Chapelle, veuve de défunt Messire Jean de Proisy seigneur de Morgny, âgée de 83 ans environ ayant été munie des sacrements de l´église. Son corps fut inhumé dans l´église de cette paroisse par moi curé de cette paroisse.
Signé : Lecourt".
 
La branche de Proisy Mauregny s´installe donc à Saint-Erme et dans l´ensemble, elle s´est ralliée au catholicisme. Voyons le destin des enfants de Jean II de Proisy :
 
Jean II de Proisy eut neuf enfants.
·      Un de son premier mariage avec Marguerite de Loubes de Gadouine :
           
1 - N. de Proisy, mariée à N. de la Millière, en Poitou.
 
·      Huit du deuxième mariage avec Judith d´Aumale :
 
2 - Philippe, mort sans alliance
 
3 - David (II), chevalier seigneur de Gondreville, épousa suivant contrat passé devant Bideleur, notaire à Montaigu, le 16 août 1678, Marie Thérèse de Roquemeont, fille de Pierre de Roquemont, chevalier, seigneur de Brizon, écuyer ordinaire du roi dans la grande écurie et de Marguerite Pinchon de la Chapelle ; dont 7 fils et 6 filles ; cette branche s´est continuée jusqu´au début du XIXe siècle.
 
4 - Paul, mort dans la marine à Saint-Domingue.
 
5 - Charles mort dans la marine.
 
6 - Etienne, passa en Angleterre sa destinée est inconnue.
 
7 - Madeleine, femme de N. du Clos.
 
8 - Elisabeth, morte à Reims (Saint-Jacques) le 30 janvier 1740, âgée de 85 ans, inhumée le lendemain au cimetière Saint-Denis, a épousé en l´église de Saint-Erme, le 5 décembre 1682, Monsieur Jean Baptiste de la Salle, avocat au Parlement, mousquetaire du Roi dans sa 1ère compagnie, puis avocat du roi au grenier à sel de Château-Porcien et Cormicy né à Reims (Saint-Michel) le 7 novembre 1649, y est mort (Saint-Etienne) le 23 août 1729, âgé de 80 ans et inhumé le lendemain au cimetière Saint-Denis, en présence de Messieurs Gérard Félix Lespagnol, chevalier, seigneur de Bezannes, Bailli de Vermandois, Louis Charles Delasalle, Jean-Baptiste Delasalle de Gondreville et Jean Jacques Félix Delasalle, petit-fils du défunt. Il était le fils de Jean-Baptiste de la Salle et de Nicole Marlot, dont postérité.
 
9 - Louise, fit don de ses biens à l´aîné de ses neveux en 1693, et entra au monastère de l´Etanche en Lorraine.
Quant à David II de Proisy, il eut treize enfants avec Marie Thérèse de Roquemont :
 
1 - François, donataire de Louise de Proisy, sa tante, servit avec distinction dans la marine et fut tué par un taureau furieux. Né à Saint-Erme le 14 juin 1680, filleul de Messire François César de Roucyet de dame Catherine de Besane de Fussigny, il mourut le 28 mars 1696 et fut inhumé dans la chapelle de la Sainte-Vierge de l´église de Saint-Erme.
 
2 - Marie Catherine, aurait été élevée à Saint-Cyr du temps de Madame de Maintenon. Née à Saint-Erme le 23 décembre 1682, filleule de "Honneste et discrette personne Jean-Baptiste de Lasalle, escuyer mousquetaire du Roy, et de dame Catherine Françoise de la Chapelle, veufve de Messire Jean de Proisy, en son vivant, chevalier seigneur de Morgny", morte à Saint-Erme, en son château le 20 février 1761 (ou 1763 ? selon La Chenaye-Desbois), âgée de 85 ans, sans alliance, et inhumée dans l´église en présence de Haut et puissant seigneur Messire de Proisy, baron seigneur d´Eppes et autres lieux.
 
3 - Jean Etienne, né à Saint-Erme le 27 novembre 1683, filleul de Etienne de Proisy Gondreville, chevalier, et Demoiselle Louise de Proisy, tous deux de Saint-Erme, y est mort le 23 décembre 1691 et a été inhumé dans la chapelle de la Vierge
 
4 - Henry, parrain à Saint-Erme en 1696. Né à Saint-Erme le 18 janvier 1685, filleul de François et de Marie Catherine de Proisy, ses frère et sœur, il serait mort dans la marine.
 
5 - Alphonse de PROISY, qui suit.
 
6 - Louis François de Proisy, né à Saint-Erme le 12 juin 1687, filleul de Messire Louis François d´Hallancourt, comte de Dromeni, et de Dame Françoise de Proisy, son épouse, y est mort le 15 avril 1690 et inhumé dans la chapelle de la Vierge.
 
7 - Marie Françoise de Proisy, née à Saint-Erme le 10 décembre 1688, filleule de Pierre Manson, laboureur, et de Marie Caillot, femme de Claude Duterne, laboureur, tous deux de Saint-Erme, y est morte le 6 novembre 1773, âgée de 88 ans et fut inhumée dans la chapelle de la Vierge, en présence de Messire Jean-Baptiste Joseph de Proisy, docteur en Sorbonne, chanoine de l´Eglise cathédrale et vicaire général de Monseigneur l´Eminentissime Cardinal-Evêque de Laon, et de très haut et très puissant seigneur Messire Charles de Proisy, baron d´Eppes, ses neveu et cousin germain. Elle épousa à Saint-Erme le 7 mars 1741, Philippe d´Aubery d´Epoisse, écuyer, officier d´Invalides, demeurant à Montigny-sur-Serre. Le mariage de Marie Françoise de Proisy-Brisson eut lieu en présence de Messire Charles David de Proisy, baron d´Eppes, Messire Charles David Joppet de Proisy, vicomte de Proisy, Messire Charles de Villelongue, seigneur du Chêne de Vantelay, et de Messire Antoine de Villelongue, chevalier, seigneur de la Roquetterie.
 
8 - Magdeleine de Proisy, née à Saint-Erme le 9 décembre 1689, filleule de Messire David de Proisy, chevalier, seigneur d´Eppes, capitaine dans le régiment de Ponthieu, et de Dame Magdeleine de Charmolue, comtesse de Marle, morte à Saint-Erme, en son château, le 8 décembre 1762, âgée de 68 ans, inhumée dans l´église en présence de haut et puissant seigneur Messire Joseph Charles David de Proisy, baron d´Eppes, cousin de la défunte.
 
9 - Françoise Thérèse de Proisy, née à Saint-Erme le 2 mars 1691, filleule de M. François Bourin, prêtre, licencié ès lois, curé de Saint-Erme, et de Damoiselle Marie-Thérèse de Proisy, y est morte le 4 avril 1700 et a été inhumée dans la chapelle de la Vierge.
 
10 - Louise Marie Anne de Proisy, aurait été élevée à Saint-Cyr et y serait morte religieuse. Née à Saint-Erme le 6 août 1693, filleule de Messire François d´Alancourt, seigneur de Neufville, et de Demoiselle Marie Anne L´Aumonier de Varenne.
 
11- Joseph Alexandre de Proisy, né à Saint-Erme le 23 mars 1695, filleul de Messire Louis de Proisy, de Saint-Erme, et de Demoiselle Elisabeth de Miremont de Berrieux, de Goudelancourt. D´après La Chenaye-Desbois, Joseph de Proisy, servant dans la marine, aurait été tué dans un combat à Rio de Janeiro, mais ce même auteur cite également Alexandre de Proisy, aussi dans la marine, tué à Vigo en Espagne. Il s´agit probablement du même personnage ?
 
12 - Marguerite de Proisy, née à Saint-Erme le 27 juin 1696, filleule de Henry de Proisy et de Marie de Proisy, ses frère et sœur.
 
13 - Jean Charles de Proisy, né à Saint-Erme le 12 août 1698, filleul d´Alphonse de Proisy et de Marie Madeleine de Proisy, de Saint-Erme, y est mort le 16 mars 1700 et a été inhumé dans la chapelle de la Vierge, où il commençait à y avoir du monde. L´air devait y être irrespirable ! C´est d´ailleurs pour cette raison, que par déclaration du 16 mars 1777 (venant après plusieurs arrêts conformes de Parlements) étaient interdites les inhumations dans les églises, sauf pour les archevêques, évêques, curés, patrons des églises, hauts justiciers, fondateurs de chapelles.
 
 Alphonse de Proisy, chevalier, seigneur de Brison, officier de la marine. Pensionné du Roi, il a épousé à Brest, Jeanne du Héron, puis en secondes noces le 3 août 1728, Marie Louise Aussenac, qui mourut à Saint-Erme, au château, le 12 février 1754, âgée de 42 ans et fut inhumée dans l´église de Saint-Erme.
 
 Alphonse de Proisy, né à Saint-Erme le 16 janvier 1686, était le filleul de Messire Alphonse de Miremont Berrieux et de Dame Marie Charlotte de Goujon, son épouse.
 
Sur dix garçons en deux générations, six sont morts dans la marine, un est passé en Angleterre, un est mort célibataire. On peut se demander, dans les conditions politiques de l´époque qu´elle était la motivation de tous ces marins !
 
Quant à Jean II de Proisy, il a été critiqué par ses anciens coreligionnaires. Douen dit "qu´il finit par se faire catholique afin d´avoir de l´argent pour payer ses dettes. Sous ce rapport, il a mérité la flétrissure[10]qui lui fut infligé par une tradition venue jusqu´à nous"[11]. Nous ne savons pas si telle a bien été sa motivation. Le mariage a pu le motiver. Par contre, il est certain qu´il avait des dettes. L´acte de vente dont nous venons de parler précise que les deux tiers du prix de vente (soit 50.000 livres) seront affectés "aux dites conditions hypothécaires qui pourroient estre mises et colloquées en ordre". De plus, Combier résume ainsi un acte disparu depuis : "Les créanciers de feu Jean de Proisy, seigneur de Mauregny, sur la terre et seigneurie de Mauregny - Henry de Marolles, seigneur de Monthillier, etc... ordre et distribution de deniers..."[12].
 
Enfin, un acte du 18 avril 1682 indique :
 
"Antoine Beuzart, procureur de Toussaint Beuzart demeurant à Mauregny ... qu´ayant ci devant formé son opposition à la distribution ordonnée procédant de la terre et Seigneurie de Mauregny ... sentence d´ordre ...
pour Nicolas Turpin, pourquoi la somme de 106 livres.
Cette somme deréa payée, plus trente livres pour les intérêts et ladite somme couvrira depuis la quittance du 16 janvier 1675 à lui dubs pour le prix d´héritages par lui vendus et comprises dans la vente du village et terre de Mauregny"[13].


[1] Jean Yves Sureau : Saint-Erme Outre et Ramecourt, La justice, les seigneurs - 1985
[2] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TI, p. 391
[3] Généalogie de la famille de Proisy
[4] Douen - Essai historique sur les églises réformées dans l´Aisne - 1860
et Pannier : Eglise réformée de Laon et Crépy - 1925
[5] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TI, p. 391
[6] Généalogie de la famille de Proisy
[7] Maxime de Sars - Le Laonnois Féodal - TI, p. 391
[8] Paul Beuzart - Le Protestantisme en Thiérache - 1931 ; pages 133 et 135
[9] L´euchéaristie que l´on donne à un malade en danger de mort
[10] Tâche à la réputation, à l´honneur.
[11] Douen - Essai historique sur les églises réformées dans l´Aisne - 1860 ; page 48
[12] Combier - Etude sur le Bailliage du Vermandois, p. 602
[13] Bailliage du Vermandois

Mauregny en Haye 423 hab. par JM Moltchanoff       

Les cahiers d'histoire de Mauregny ont été rédigés par Guy Pluchart et Jacques Tavola
Les auteurs ont parcouru les services d'archives et publient "Les cahiers d'histoire de Mauregny". 
> Une histoire très détaillée du village de la préhistoire au 19° siècle. 
> Histoire du chanvre à Mauregny 
> Doléances de 1789 
> Cartes postales anciennes 
> Histoire de Fussigny, village disparu 
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Annuaire des sites d'histoire des villages

par Gilbert Delbrayelle

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